Alan Wake - Son dernier livre, votre prochain cauchemar !
Survivrez-vous à la folie d'Alan Wake ?
Alan Wake, écrivain à succès, voit sa vie basculer quand sa femme disparaît lors de leurs vacances à Bright Falls.
Partant à sa recherche, il découvre les pages d'un livre qu'il ne souvient pas avoir écrit.
Le problème, c'est que ces pages prennent vie.
Le cauchemar peut alors commencer !
A la fois jeu d'action et thriller psychologique, Alan Wake est une expérience haletante.
Genre : Un jeu d'action sur un thriller psychologique.
Support : Xbox 360
Développeur : REMEDY
Particularité : Entièrement en français, voix et sous titres (malentendant)

La jaquette du jeu, montrant la dualité entre lumière et ténèbres
Bonjour, bonsoir, salutation,
Je viens à vous afin de vous faire partager ma nouvelle expérience vidéoludique du moment (message du 23/05/2010), un jeu nommé Alan Wake.
Alan Wake, comme l'aime le rappeler ses créateurs, le studio REMEDY, est un thriller psychologique dans lequel l'action à une place prépondérante. Pour ceux me connaissant, ils savent qu'à mes yeux, le scénario et la narration doivent surpasser le gameplay ou l'action.
Ici, dans Alan Wake, le studio REMEDY réussi le pari de mêler les deux genres : l'action ET la narration.
Exploit suffisamment rare, méritant ce topic.

Alan Wake, écrivain, perdu dans la forêt à la recherche de sa femme, Alice.
Un petit air de David Lynch.
La ville de Bright Falls, située dans l'état de Washington, est la petite ville campagnarde perdue au milieu des montagnes et de la forêt, construite dans la cratère d'un volcan qui est désormais transformé en lac.
Cette ville ressemble à s'y méprendre à celle de Twin Speaks, une série américaine des années 90 (que je vous conseil), mettant en scène une petite ville dans laquelle tout le monde se connaît et dans laquelle, chaque habitant cache un lourd secret.
Un cadre idyllique par ses paysages, mais inquiétant, par son atmosphère oppressante.
Bright Falls est de cette trempe : la ville est connue de ses mystères non résolues. Elle est le théâtre constante des disparitions, des apparitions étranges également, ce qui attire évidemment de nombreux ufologues. Le cadre idéal, que n'aurait jamais renié l'agent Fox Mulder ...
Cette ville est aussi connue pour son hôpital psychiatrique, le Cauldron Lake Lodge, un centre de soin pour artistes en mal de créations. C'est de ce centre, que débute notre histoire.

Bright Falls est une ville campagnarde, située au cœur d'un volcan et d'une forêt profonde.
Non, de Stephen King peut être ?
Alan Wake est un écrivain Newyorkais à succès, atteint du syndrome de la page blanche, il lui est désormais impossible d'écrire la moindre ligne. Son couple, qu'il mène avec une photographe nommée Alice, est la dernière chose qu'il le maintient à la réalité, qui l'empêche de sombrer dans l'alcool et la folie.
L'écrivain devient alors violent, il n'hésite plus à agresser physiquement les journalistes. Sur les forums, beaucoup le disent fini. La critique, même médiatique, est sévère : Alan Wake n'aurait jamais dû faire tuer son célèbre personnage, le détective Alex Casey, après six bestseller.
Voyant l'état de son mari empirer jours après jours, Alice décide d'inscrire Alan au Cauldron Lake Lodge, où travail le docteur Emil Hartman, un médecin spécialisé dans le traitement des artistes en employant deux techniques de soin : le 'Engagement Therapy' et 'the Flow'.
En gros, cela consiste à affronter ses démons (l'engagement thérapeutique) et à atteindre des sommets de créativité inimaginables (le flux de création).
Le problème de cette initiative, est de convaincre l'écrivain. Pour cela, Alice lui fait croire qu'ils partent ensemble, en vacance, dans la bourgade perdue de Bright Falls, qui fête au même moment, la fête du cerf (l'animal emblème de la ville et de la région).
Alan Wake, qui n'a aucune raison de soupçonner sa femme, décide malgré sa réticence de quitter son foyer, de partir avec Alice pour la campagne de Washington.
Malheureusement, une fois sur place, suite à une dispute lorsque l'écrivain apprendra le véritable but de ce voyage, Alice disparaîtra dans le lac noir et profond de Bright Falls.
Alan plongera dans le lac pour la sauver, mais se réveillera une semaine plus tard, dans sa voiture de location accidentée, seule et ayant oublié les évènements de la semaine passée.
Que c'est-il passé durant cette semaine ? Où est donc Alice ?
Ces deux questions en tête, Alan va tenter de rejoindre la ville de Bright Falls pour obtenir de l'aide.
Durant ce trajet en montagne et forêt, Alan va découvrir deux énigmatiques évènements.
Le premier est la découverte des pages d'un manuscrit, The Departure, un manuscrit qu'Alan aurait écrit mais dont il n'a aucun souvenirs. Pire, aussi étrange que cela puisse paraître, ces pages annoncent des évènements à venir ou, des évènements ayant lieu au même moment, autre part à Bright Falls.
Le deuxième évènement, plus inattendu, est l'apparition d'une ombre maléfique qui dévore les âmes des vivants, afin de tenter de tuer l'écrivain.
Alors qu'Alan recherche désespérément sa femme, le voici embarqué dans une aventure fantastique ou la psychologie et l'action ont entièrement leurs places.

A la recherche de sa femme Alice, Alan Wake découvrira le véritable visage des habitants de Bright Falls.
Vous n'auriez-pas du feu ?
Après avoir parlé histoire et avant de parler de narration, parlons mécanismes de jeu : le gameplay.
Dans Alan Wake, l'ultime allié de l'écrivain sera la lumière. Ainsi ce dernier bénéficie de peu de mouvements et capacités :
- Le sprinte : idéal pour tenter de s'enfuir d'une situation délicate. Malheureusement, un coup dans le dos multipliant les dégâts, la fuite se révèle parfois laborieuse, surtout face à des ennemis capables de lancer des faucilles...
- L'esquive : la capacité la plus utilisée du jeu, l'esquive permet de récupérer de la vie, mais aussi de provoquer un léger ralentissement des ennemis, pouvant permettre de s'enfuir en sprintant vers un point de lumière.
- La lumière : La lumière des bâtiments ou des lampadaires, servent de point de sauvegarde automatique mais aussi, permettent de récupérer de la vie rapidement. Aussi étrange que cela puisse paraître, se baigner dans la lumière fait disparaître les ennemis. Et si c'est créatures d'ombres n'étaient qu'une illusion de l'écrivain ???
- La lampe torche : L'arme principale de l'écrivain. Les possédés (Taken dans le jeu), sont enveloppés d'ombres, les rendant invincibles. Pour retirer ce bouclier d'ombre, il suffit d'éclairer, grâce à la lampe torche, les Takens, suffisamment longtemps afin que la lumière gagne sur les ténèbres. Après quoi, ces derniers seront sensibles aux armes.
- Les armes à feu : Pistolet, pistolet à feu d'alarme, fusil de chasse, carabine, grenade éclairante, l'arsenal est important mais aussi terriblement banal et logique. Alan étant un écrivain, il ne pilotera pas de Char d'assaut ou encore, ne bénéficiera pas d'un lance grenade ou roquette, afin de se débarrasser de ses ennemis. Cependant, les armes sont déjà suffisamment efficaces en état.
- Les feux à main : La bouclier de lumière d'Alan. Si les Takens bénéficient de la protection des ombres, Alan peut se servir des feux à main afin de repousser durant un court laps de temps ses assaillants. Lorsqu'il tient en main le feu à main, Alan ne put ni tirer, ni courir. Il est cependant possible de lâcher le feu à main pour bénéficier d'une zone protectrice afin d'utiliser de nouveau la lampe torche et l'arme du personnage.
Le jeu est simple d'accès, proposant peu de mouvements, mais sa maniabilité en est ainsi renforcée. Le petit soucis du gameplay, proviendrait d'un manque flagrant de variété des situations. A part courir et affronter els ombres, il n'y a pas grand chose à faire à côté ...
Cela dit, ça reste logique par rapport à la construction de l'histoire, juste dommage que l'interactivité avec le décor soit si limitée.

La lumière et vos armes seront vos moyens de défense contre les ténèbres de Bright Falls.
Un hommage intégral
De part sa structure narrative, découpé en six épisodes avec un générique de fin et un résumé de l'épisode précédent, Alan Wake est semblable à une série télévisé rappelant le principe de Prison Break et Lost : la fin d'un épisode débouche sur un cliffhanger et le début de l'épisode suivant, sur un flashback ou une période calme se déroulant de jour.
Cette structure narrative, découpe admirablement bien le jeu, proposant des sessions de deux heures environs par chapitre. Le jeu propose donc une durée de vie raisonnable de dix heures environs.
Cependant, cet hommage (les gens de chez REMEDY sont fans de la série Lost) n'est pas le seul.
L'influence de Stephen King et David Lynch n'est pas seulement évidente, elle est même clairement citée durant le jeu. L'ouverture du jeu en est d'ailleurs un exemple, la première phrase débutant par un 'Stephen King à dit ...' ou encore, plus tard dans le jeu 'L'homme s'apprête de nouveau à frapper de sa hache, comme Nicholson dans Shining.'.
Et que dire de ces nuées d'oiseaux qui assaillent constamment l'écrivain, un clin d'œil flagrant au film de Stephen King, 'Les oiseaux'.
Le personnage lui même, d'Alan Wake, est aussi un hommage à Stephen King : L'écrivain atteint du syndrome de la page blanche.
Le jeu prend également la peine de proposer une mini-série télévisée durant la partie, la 'Zone X', là encore un hommage à la série télévisée 'La quatrième dimension'.
Ce jeu est certes un hommage au genre horrifique, parfois fantastique (Lost et X-files), mais il n'oublie pas de se forger sa propre histoire, sa propre identité et c'est là l'essentiel : le jeu est généreux sur bien des aspects , accumulant les clichés et les clins d'œil, mais parvient tout de même à écrire un scénario digne du maître spirituel évident : Stephen King.
Mais cet univers ne serait pas aussi crédible, si la bande son derrière le jeu n'était pas aussi divine. Que se soit les musiques (n'oubliez pas de regarder la bande annonce à la fin) ou les bruitages, le jeu propose une des bandes sons les plus variés et impressionnantes du genre, un mélange entre le film d'horreur et l'univers du jeu vidéo, un rendu unique et fantastique.
Le jeu est entièrement doublé en français, avec la possibilité de mettre des sous-titres pour les malentendants. Encore assez rare dans le milieu du jeu vidéo, le doublage français est de très bonne qualité, renforçant immédiatement l'immersion.
Mais le plus impressionnant, reste l'apparition des Takens, qui est, visuellement sublime avec l'apparition du vent et de la brume, donnant un jeu de lumière fantastique, mais le son produit lors de cette même apparition est divin et effrayant à la fois. Un véritable tour de force !!!

Si les phases de jeu se déroulants en plein jour nous protège des Takens, Bright Falls restent tout de même enfermé dans un univers atypique et surprenant de réalisme.
Conclusion
Malgré quelques défauts évidents, comme le manque de finition sur les expressions faciales et le manque de variété dans les mécanismes du jeu, Alan Wake est une expérience ludique incontournable pour tous ceux aimant les aventures fantastiques et intelligentes digne d'un très bon épisode de X-Files.
Malgré l'action omniprésente, le jeu interroge les joueurs et les joueuses sur des plans psychologiques : Alan Wake est-il fou ? Que sont les Takens, des êtres maléfiques ou des êtres créés par l'écrivain lui même ? Quels sont les secrets des habitants de Bright Falls ? Et si tout ceci n'était qu'un mauvais rêve ?
Entre angoisse et envoutement, Alan Wake est parvenu à trouver sa place auprès des maitres qu'il singe pourtant.
Gens talentueux de chez REMEDY, merci à vous et vivement la saison 2 !!!!
Knobie, le Taken de lumière.
PS : Ceci sont des impressions à chaud et un petit guide du gameplay pour les futurs joueurs. A ne pas confondre avec un avis, merci !!!!



